1 an après, le bilan calamiteux du président Hollande

Publié le par Yohann Duval

"Voilà le choix, chers amis, voilà le choix qui vous attend. Toujours le même, toujours celui, depuis que la démocratie existe, entre la peur et l’espoir, entre la résignation et le sursaut, entre l’agitation et le changement. Eh bien le changement, le changement, c’est maintenant ! Le redressement, c’est maintenant ! La justice, c’est maintenant ! L’espérance, c’est maintenant ! La République c’est maintenant !"

 

C'est par ces termes que François Hollande terminait son discours du Bourget, le 22 Janvier 2012. Un texte emblématique du projet que proposait le candidat socialiste : il fallait en finir avec l'incompétence de Nicolas Sarkozy, passer à autre chose. Au lendemain de ce discours, j'écrivais déjà qu'il fallait craindre les lendemains qui déchantent, tout simplement car à aucun moment n'était abordé le problème de la monnaie unique ou des fondements pourris sur laquelle s'est bâtie cette maison instable appelée "Union Européenne".

 

Toutefois, l'élection du nouveau président, le 6 Mai 2012, avait fort logiquement suscité beaucoup d'enthousiasme et d'espoirs chez ceux qui avaient souffert au quotidien des décisions prises à l'époque du sarkozysme triomphant. Un an après, et même si le quinquennat est loin d'être terminé, qu'il nous soit permis de faire un premier bilan.

 

 

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"Réorientation de l'Europe"

 

Avant son élection, François Hollande aimait à dire que le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) était un texte qu'il fallait revoir, parce qu'il était le rejeton du couple Merkel-Sarkozy et qu'il entérinait le choix d'une politique d'austérité nocive pour le continent. Il entendait "renégocier" le traité pour remettre l'Europe sur le chemin de la croissance.

 

Quelques mois plus tard, devant l'opposition de la chancelière Merkel, le nouveau président reculait. Aucune ligne du traité n'avait été modifiée, mais il l'approuvait sans broncher. La seule contrepartie obtenue : l'adoption d'un "pacte de croissance" de 120 milliards... montant dérisoire et provenant pour l'essentiel du redéploiement d'autres fonds ou de projets en cours depuis des mois.

 

Autrement dit, Hollande n'avait quasiment rien gagné mais signait piteusement le traité qu'il avait tant dénoncé pendant la campagne. L'un de ses alliés, Jean-Pierre Chevènement, avait pourtant prévenu que l'avenir du gouvernement se jouerait sur la renégociation d'un traité "disciplinaire et purement punitif". Cela n'a guère effrayé le socialiste, qui a finalement trahi sa promesse, comme Lionel Jospin à Amsterdam en 1997. Une décision qui n'a surpris que ceux qui n'ont pas suivi le parcours du corrézien...

 

François Hollande avait en effet soutenu le traité de Maastricht en 1992. Puis le traité constitutionnel européen en 2005. Puis le traité de Lisbonne en 2008. Puis le TSCG, en dépit de ses belles paroles. Il a prouvé, une fois de plus, qu'il n'était qu'un eurobéat forcené : entre la France et l'UE, son coeur n'a jamais balancé une seconde. Il n'y a clairement rien de bon à attendre de lui sur ce sujet et même Emmanuel Todd semble avoir depuis abandonné son idée farfelue de "Hollandisme révolutionnaire" !

 

Loi bancaire

 

François Hollande avait promis une séparation entre "les activités de dépôt, de crédit, que les Français connaissent, qui les rassurent, de celles liées à la spéculation, qui les inquiètent". Il avait désigné la finance comme son ennemi et se proposait de mettre un terme à nombre de pratiques scandaleuses.

 

Quelques mois plus tard, une loi était présentée devant le Parlement. Un projet tellement adouci et en décalage avec les discours d'avant l'élection que Frédéric Oudéa, patron de la Société Générale, estimait lui-même que cette loi ne concernerait que 1% de ses activités.

 

Même le trading à haute fréquence, si souvent cité comme l'un des exemples les plus frappants de dérives, restait autorisé. Un coup pour rien ? En tous cas une micro-avancée, à des années-lumière de ce qui avait été défendu auparavant. Tromperie ou capitulation devant les intérêts des grandes banques ?

 

Chômage, dette, déficits

 

Entre 2007 et 2012, le règne de Nicolas Sarkozy s'était soldé par une progression considérable du chômage : un million de chômeurs supplémentaires (soit une augmentation de 35%). Il avait également laissé 600 milliards d'euros de dette en plus à son successeur. Pour marquer sa différence, François Hollande avait donc promis de "favoriser la production et l'emploi en France" et de ramener progressivement les comptes publics à l'équilibre.

 

S'il est difficile d'établir un bilan définitif si tôt, le constat est terrible un an plus tard : la courbe du chômage s'est envolée. Il n'y a jamais eu autant de chômeurs en France. Comme à Florange, à PSA Aulnay ou à Petroplus, nos usines ferment malgré les engagements pris pendant la campagne présidentielle.

 

En obéissant docilement à Bruxelles et à Berlin, la France s'est engagée sur la voie de la Grèce, de l'Espagne ou encore du Portugal, où règne un véritable chaos social depuis le début des plans d'austérité, tous plus contre-productifs les uns que les autres.

 

Pire, prisonnier de ses dogmes, le président reste hostile à toute mesure protectionniste, refuse de voir le rôle de l'euro dans la montée du chômage (les explications de Jacques Sapir - pour ne citer que lui - sont pourtant particulièrement convaincantes) et n'évoque jamais le poids des directives européennes sur notre économie. Le Parti Socialiste ne semble pas plus en mesure de redresser le pays que le PASOK en Grèce avant lui.

 

La commission européenne elle-même prévoit que 2013 sera une année de récession et que le déficit sera plus grand en 2014 qu'il ne l'est actuellement (4,2% - très loin des 2,9% annoncés par Pierre Moscovici). Le gouvernement a perdu la main et semble pris dans le cercle vicieux qui a si durement touché les pays du Sud de la zone euro.

 

 

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Moralisation de la vie politique

 

Propulsé candidat du Parti Socialiste suite à l'éviction de Dominique Strauss-Kahn, François Hollande avait voulu faire oublier l'image d'une gauche immorale ou corrompue par l'argent. En proclamant vouloir une "République exemplaire", il espérait également rompre avec le quinquennat de Nicolas Sarkozy, gangrené par les affaires.

 

Quelques jours après son élection éclate un scandale concernant Sylvie Andrieux. Poursuivie pour clientélisme et détournement de fonds publics, le PS lui retire son investiture juste avant les élections législatives. Une fois la victoire acquise, elle réintègre le plus naturellement du monde le groupe socialiste à l'Assemblée nationale. Le président et le gouvernement restent silencieux.

 

Arrive ensuite le vote sur la question des indemnités représentatives des frais de mandat (IRFM). Ces indemnités, opaques et non fiscalisées, sont versées sans aucun contrôle. Pascal Terrasse, député PS, s'était d'ailleurs fait épingler par Mediapart pour avoir utilisé ces sommes pour financer ses voyages en Égypte, en Espagne ou au Sénégal. Une anomalie qui a de quoi choquer, légitimement, ceux qui doivent fournir des justificatifs pour leurs dépenses lorsqu'ils optent pour les frais réels sur leur déclaration de revenus. Mais cela ne dérange pas outre mesure les députés de la majorité, qui votent contre toute modification concernant l'IRFM le 19 Juillet. "La transparence peut attendre", souligne alors ironiquement Libération. Le président ne fait de son côté aucun commentaire.

 

Vient enfin l'affaire Cahuzac, à propos de laquelle tout a été dit. En s'apercevant que le ministre chargé de lutter contre la fraude fiscale fraudait lui-même le fisc, les Français découvrent d'une manière spectaculaire que la promesse d'une République exemplaire n'était qu'une aimable plaisanterie, pour l'ancien dirigeant du parti des Dalongeville, Guérini ou Kucheida.

 

Etc, etc.

 

Il y aurait encore beaucoup à dire ! Il serait possible de parler de la campagne menée contre la "TVA Sarkozy", par exemple. Elle se solde le 1er Octobre 2012 par la célébration de l'abrogation de cette mesure. Pendant un mois, joie et félicité règnent au PS. Puis, le 6 Novembre, Jean-Marc Ayrault annonce que le taux normal passera en 2014 de 19,6 à 20% et que le taux réduit passe de 7 à 10%. C'est ce que les socialistes appellent avoir un cap !

 

Il faudrait aussi longuement revenir sur la négociation de l'accord national interprofessionnel (ANI), ce texte rédigé par le MEDEF avec l'accord de quelques syndicats minoritaires, que le gouvernement a fait passer en force au Sénat (procédure de "vote bloqué", pour empêcher les votes sur les amendements). Un accord de "flexibilisation" qui facilite les licenciements et qui met les salariés dans une situation encore plus précaire.

 

Il y a également le projet de loi Fioraso, qui prévoit que l’enseignement dans une langue étrangère (l'anglais, évidemment) puisse être permis dans nos Universités, voire qu'il devienne  la norme dès lors qu’un partenaire étranger ou qu’un financement européen y est associé. Une forme de capitulation devant l'invasion du "globish" et une attaque inacceptable contre la langue française, élément essentiel de notre identité nationale.

 

La liste des doléances est, en réalité, interminable.


Rien à sauver, en ce début de quinquennat ?

 

Tout n'est pas noir, mais les sujets de réjouissance sont bien minces. Il y a d'abord le retrait des troupes françaises d'Afghanistan, où nous étions sans raison valable à la remorque des États-Unis et de l'OTAN. Il y a aussi et surtout l'intervention au Mali contre les islamistes, une opération indispensable et légitime, même si elle a été décidée tardivement.

 

En dehors de ces rares points, le bilan de cette première année est globalement catastrophique. Le président socialiste a mis ses pas dans ceux de Nicolas Sarkozy : il est aussi impuissant, aussi soumis aux injonctions de Bruxelles et de Berlin, aussi incapable de tenir ses engagements que ne l'était son prédécesseur. Son slogan insipide, "le changement, c'est maintenant", n'était qu'une trouvaille de communiquant, une promesse qui ne s'appuyait sur aucun élément concret.

 

La France va mal, ses citoyens sont en colère : elle a besoin d'un VRAI changement. Hélas, il est désormais clair que François Hollande n'est pas celui qui lui permettra de redresser la tête.

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