Ces journalistes qui approuvent le diktat de Bruxelles

Publié le par Yohann Duval

Ce n’est une nouvelle pour personne : dans leur immense majorité, les médias soutiennent aveuglément l’Union Européenne et les décisions qu’elle prend, y compris lorsqu’elles sont catastrophiques pour les peuples du continent. Il est en revanche un peu plus surprenant de constater qu’il n’apparaît désormais même plus nécessaire de prendre des précautions de langage pour exprimer son mépris des peuples et de la démocratie. Dans un débat organisé sur Europe 1 le 5 Juin, Axel de Tarlé, chroniqueur économique, s’est ainsi exclamé : « moi je suis pour le diktat de Bruxelles, j’annonce la couleur » puis « si on veut un gouvernement européen, il faut accepter que ce gouvernement nous dise ce qu’il faut faire ».

 

 

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L’européisme béat, une longue tradition


Certes, toute personne qui a connu le matraquage médiatique lors du référendum de 2005 sur le traité constitutionnel européen sait qu’il n’y a rien de bon à attendre de l’immense majorité des éditorialistes, persuadés d’être la voix de la raison et de la sagesse face aux « populistes » (c’est à dire tous ceux qui ne sont pas d’accord avec eux). Il suffit de consulter les archives d’Acrimed pour voir les torrents de haine déversés à longueur d’antenne contre ceux qui osaient à l’époque défendre le « non ». Depuis, leur UE a provoqué chômage, misère et tensions sur tout le continent. Les éditorialistes, eux, campent sur leur positions alors même que les faits leur donnent tort.


L’exemple du Monde est éloquent : après avoir accueilli très favorablement les plans d’austérité sauvages imposés en Grèce, le journal s’était élevé contre leur remise en cause par George Papandréou, qui avait eu l’outrecuidance de proposer un référendum en fin d’année 2011 sur ces questions. L’édito qui avait suivi cette annonce voyait derrière la manœuvre du premier ministre grec un « pari fou » qu’il convenait de rejeter car « ce n’est pas ainsi que l’Europe doit fonctionner ». 2 ans après, le FMI reconnaît que la Troïka s’est basée sur des données inexactes, ce qui a provoqué des « échecs notables » (comprendre : des sacrifices inutiles). Les jeunes Grecs, au chômage pour 62,5% d’entre eux, apprécieront la formule. Le mea culpa des journalistes Français ? Un jour, peut-être…


La haine de la démocratie


Mais revenons-en à Axel de Tarlé.

 

« Heureusement qu’il y a des gens à Bruxelles. Peut-être qu’ils sont non-élus mais heureusement qu’il y a ces kamikazes à Bruxelles qui ont le courage de nous dire de réformer nos retraites, supprimer les régimes spéciaux etc. »

 

Cette citation ne s’invente pas. Le journaliste, que les auditeurs d’Europe 1 subissent chaque matin, nous affirme ainsi clairement que les Français devraient s’estimer heureux que d’autres décident de leur avenir à leur place. Une vision qui témoigne d’un mépris certain pour la démocratie, et à travers elle, du peuple dans son ensemble.

 

Grave mais également répandue est l’idée qu’une réforme ne serait « courageuse » que si elle consiste à faire reculer les droits des salariés ou des retraités. Il n’y a pas si longtemps, ce même Axel de Tarlé se lamentait ainsi de la micro-progression des salaires en France car elle « nuisait à notre productivité ». Il est vrai qu’il est plus simple de vomir sur les ouvriers et les employés que de s’attaquer sérieusement au milieu de la finance ou aux multinationales.

 

Un déni de réalité


Seul « euro-réaliste » de ce débat, où intervenaient également Isabelle Ory (journaliste pro-européenne), Philippe Cayla (se présentant comme un « militant pro-européen »), et Sylvie Goulard (la version féminine de Jean Quatremer) – car 4 contre 1 c’est « l’équité » lorsqu’il s’agit de parler de l’UE – Nicolas Dupont-Aignan a tenu à faire valoir ses arguments.


« Croire qu’une autorité non-élue va pouvoir imposer à un pays qui a l’histoire de la France des décisions qui ne sont ni assumées ni voulues par son peuple, c’est la meilleure façon de tuer définitivement l’idée européenne. »

 

Selon lui, le diktat de Bruxelles est inefficace en plus d’être anti-démocratique. La stratégie consistant à couper dans les dépenses et à remettre en cause les acquis d’un siècle de luttes sociales est « une folie » : « ça fait 5 ans qu’ils la mettent en œuvre dans certains pays et ça n’a pas marché ». La fuite en avant fédérale, se manifestant par la volonté de « créer par décret » un peuple européen, n’a en outre aucun sens au vu de l’histoire et de l’hétérogénéité des nations européennes : « on peut rêver la vie, moi je pars de la réalité des peuples ».

 

De quoi faire réfléchir les autres participants ? Loin de là ! À quelques minutes de la fin, Philippe Cayla se mettait même clairement à délirer en qualifiant l’euro de « succès » malgré le taux de chômage record dans la zone, car il incite les Portugais et les Espagnols à déménager… or, le déracinement est selon lui « l’avenir » ! Souhaitons-lui bonne chance pour expliquer à la génération perdue d’Espagne, qui quitte le pays à regret et qui témoigne de son désarroi par des slogans tels que « nous ne partons pas, ils nous mettent dehors », que son sort est en réalité enviable…

Publié dans Journalistes

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