En Europe, le chômage continue d'augmenter sous l'effet des plans d'austérité

Publié le par Yohann Duval

C'est devenu une sinistre habitude : mois après mois, nous prenons connaissance des chiffres du chômage dans la zone euro. Systématiquement, ceux-ci s'aggravent et dépassent tous les records précédents. Mois après mois, les observateurs s'alarment et nous alimentent de commentaires toujours plus désespérants, mais se refusent à tirer les leçons de cette situation. Jusqu'à quand ?

 

 

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Manifestation contre les coupes budgétaires en Espagne

 

 

Un nombre de chômeurs record en zone euro

 

D'après Eurostat, le taux de chômage serait désormais de 10,9% de la population active. Jamais il n'avait été aussi élevé depuis la création de la monnaie unique. Il s'agit du onzième mois consécutif au cours duquel le seuil de 10% est atteint ou dépassé. Il y a désormais plus de 17 millions de personnes sans emploi dans la zone euro, soit 1,7 million de plus qu'il y a un an. Cette situation dramatique atteint des proportions spectaculaires dans les pays du Sud : en Espagne, quasiment un actif sur quatre est touché (24,1%). En Grèce, un peu plus d'un sur cinq (21,7%).

 

Aux premières lignes, les moins de 25 ans : dans l'Union Européenne, plus d'un jeune sur cinq est touché par ce fléau. Les pays sous tensions en raison de la crise de la monnaie unique sont évidemment les premiers à souffrir, mais c'est dans toute la zone euro que la situation devient insupportable : 51,1% des jeunes Espagnols, 54% des jeunes Grecs, 36,1% des jeunes Portugais et même plus d'un jeune Français sur cinq ne parviennent pas à s'insérer sur le marché du travail. Gardons par ailleurs à l'esprit qu'il ne s'agit là que de chiffres officiels, qui sous-estiment parfois l'ampleur réelle du phénomène...

 

Cette situation intenable met en péril la cohésion et l'avenir de la zone euro, comme nous avons pu le constater il y a peu en Grèce, où les partis extrémistes ont progressé de manière fulgurante aux dépens des partis de la coalition favorable aux suicidaires mesures d'austérité.

 

L'austérité : une politique inefficace, injuste et suicidaire

 

La politique menée par le duo Merkel-Sarkozy révèle son inefficacité : il ne s'agissait manifestement pas d'une réponse à la hauteur de la situation. Le nouveau traité européen, soutenu en son temps par le même duo, s'inscrit dans une logique mortifère identique et ne règlera en rien les problèmes structurels de la zone. À moins, bien sûr, d'une renégociation intégrale du texte, ce qui ne semble malheureusement pas être la voie choisie par notre nouveau président de la République. Il n'est pour l'heure question que d'ajouter "un volet de croissance et d'emploi".


L'avenir de l'Europe et de sa jeunesse ne peut se résumer à une succession sans fin de plans d'austérité inefficaces ou à l'instauration d'une fumeuse "règle d'or" : il s'agirait d'un remède pire que le mal. Ce qui se passe actuellement dans les pays du Sud (chômage, misère, privatisations, recul du droit des travailleurs) préfigure l'avenir du reste de la zone. L'Allemagne elle-même commence à pâtir de ses choix. Dans ces conditions, se contenter de dénoncer cette situation serait insuffisant : il est temps de proposer des solutions pour agir concrètement et mettre un terme à la paupérisation de notre pays et du reste du continent.

 

Pour une rupture avec l'euro-libéralisme

 

La réindustrialisation de la France doit être une priorité absolue. Une industrie moderne est la condition de tout le reste : exportations, recherche et emploi (y compris dans les services). Une France sans usines, c'est la fin de la France ! On ne peut envisager d'avenir pour la jeunesse ou pour notre protection sociale si l'on ne règle pas les problèmes liés à la désindustrialisation de notre pays. Le chômage et les délocalisations ont des causes : la monnaie surévaluée, la dictature des marchés financiers, la politique budgétaire restrictive et la concurrence déloyale des pays à très bas coûts. C'est sur ces points fondamentaux qu'il faut agir, mais il ne sera possible de le faire que si l'on se donne les moyens de mettre en place une politique cohérente, qui rompt avec la doxa néolibérale et la logique du traité de Maastricht.

 

Nous devons oeuvrer pour que notre monnaie (euro ou monnaie commune) devienne moins chère et pour que l'Europe soit reconstruite sur des bases réalistes. Elle doit pouvoir soutenir la croissance et l'emploi, bien sûr, mais cela ne pourra se faire qu'en respectant les nations qui la composent ainsi que leur souveraineté budgétaire et fiscale. C'est ce projet que je porterai pendant la campagne des législatives.

 


 

Pour suivre le fil de ma campagne pour les législatives : http://www.duval2012.fr/

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Publié dans Emploi

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Moi-même 14/05/2012 08:29

Et s'il n'est pas possible de réorienter l'UE, peut-on envisager le retour à la France ou faut-il l'Europe à tout prix?

Yohann Duval 14/05/2012 17:43



"L'Europe à tout prix", si cela signifie la régression sociale, la casse des services publics, le manque de respect pour la démocratie et le mépris pour les nations qui la composent, ce n'est
clairement pas pour moi.


On peut faire de belles choses avec nos voisins sans s'enfermer dans un carcan de contraintes insupportables.