Fillon – Copé, l'attaque des clowns

Publié le par Yohann Duval

La bataille électorale entre François Fillon et Jean-François Copé vient de toucher à sa fin. Ou presque : au terme d'un véritable psychodrame, où les deux candidats ont successivement revendiqué la victoire sans attendre la fin du dépouillement, personne ne peut prétendre avoir gagné. À vrai dire, c'est l'UMP dans son ensemble qui sort perdante de son propre congrès. Le nouveau président du parti n'est donc toujours pas connu, mais l'issue du scrutin a-t-elle encore une importance après une soirée aussi grotesque ?

 

 

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Incapables de se différencier sur le projet, strictement identique si l'on met de côté l'habillage, les deux protagonistes ont dû se résoudre à créer de vaines polémiques (comme celle sur le fameux pain au chocolat) ou à recourir aux attaques personnelles. Le niveau de la campagne s'est ainsi avéré particulièrement bas.

 

L'atmosphère de cour de récréation qui a régné pendant les dernières semaines aura donné une bien piètre image d'un parti en pleine perdition depuis la défaite de Nicolas Sarkozy. Comme lors du duel Hollande - Aubry pendant la primaire socialiste, les petites phrases ont pris le pas sur le débat, Copé reprochant à son adversaire et à ses soutiens d'être "prisonniers de la gauche bien-pensante" quand Fillon se plaignait de l'utilisation abusive des moyens du parti par son concurrent.

 

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La cerise sur le gâteau arrivant le jour du vote, avec l'installation d'un véritable climat de guerre civile : accusations de fraude, invectives, annulations de bulletins, recours... les querelles d'ego s'étalaient au grand jour et l'hilarité initiale faisait vite place à la stupéfaction puis à la consternation.

 

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Sur la 1ère circonscription de Nice, on touchait le fond : 1178 bulletins de vote pour 590 signatures ! Une piqûre de rappel pour ceux qui doutaient encore du fait que l'UMP abritait en son sein un nombre anormalement élevé de hooligans de la République...

 

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Cette situation n'est pas sans rappeler le congrès de Reims du Parti Socialiste, où les manigances et les bourrages d'urnes avaient profondément divisé les militants et les responsables locaux. À la vue de ce triste spectacle, il est dès lors légitime de se poser une question : avons-nous toujours besoin de ces deux partis, d'accord sur l'essentiel, qui manifestent un même mépris des règles démocratiques et qui ont tour à tour mené le pays sur la voie du déclin depuis plusieurs décennies ?

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