Jean-Noël Guérini simplifie la primaire socialiste

Publié le par Yohann Duval

Après le lièvre soulevé par Rue89 concernant les vieilles affaires de l'un des coryphées du fédéralisme européen, à savoir Jean-Michel Baylet, la primaire est marquée par un nouveau scandale : Jean-Noël Guérini vient d'être mis en examen. Les socialistes risquent d'en être pour leurs frais, mais cet événement a le mérite de rendre les choses plus claires.

 

 

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Lorsqu'Arnaud Montebourg a rendu son rapport sur le fonctionnement anormal de la puissante fédération des Bouches-du-Rhône, lorsqu'il dénonçait un "système affairiste au sein du Parti Socialiste qui n'a rien à voir avec le socialisme", lorsqu'il s'alarmait que son parti soit solidaire d'élus "dont les liens avec le grand banditisme apparaissent", où étaient les ténors de l'opposition ?

 

"Martine Aubry n'a pas réagi. Elle m'a dit : 'je ne veux pas de ce rapport'", confiait le député de Saône-et-Loire à Rue89 en mars dernier. Il ajoutait : "Après, elle a prétendu qu'il avait été perdu. Une fois qu'elle l'a lu, elle a dit qu'il n'y avait rien dedans. Quand je lui ai envoyé les preuves, elle a refusé de les lire". Au vu des événements récents, son récit prend une autre dimension. Bien plus déplaisante.

 

Prisonniers d'une logique de clan et de la volonté de ne pas faire de vagues à quelques encablures de la présidentielle, dans leur grande majorité, les autres ténors socialistes n'ont, eux non plus, pas eu le courage d'appuyer la démarche d'Arnaud Montebourg. Ségolène Royal ? Silencieuse. François Hollande ? Bien discret. Il n'y a guère que Manuel Valls qui se soit montré solidaire de son adversaire : "Sans le rapport écrit par Arnaud Montebourg il y a quelques mois, le parti socialiste n'aurait pas engagé une enquête sur les pratiques de la fédération des Bouches-du-Rhône. Donc, heureusement, il y a eu ces coups de gueule". Voilà de quoi donner matière à réfléchir à ceux qui comptaient se déplacer les 9 et 16 octobre.

 

Je vais les aider encore un peu. Si son discours pragmatique sur la sécurité peut apporter une bouffée d'air frais dans l'univers fumeux de l'angélisme régnant à gauche, Manuel Valls souffre d'un problème majeur : prisonnier d'un logiciel libéral inspiré du blairisme, partisan de la règle d'or, opposé aux 35 heures quand il n'est pas tout simplement opposé au projet qu'il entend porter, il ne semble pas pouvoir imaginer une autre politique que celle qui a montré ses limites et ses insuffisances depuis plus de 20 ans.

 

Alors, pour redonner de la crédibilité à votre parti, pour pouvoir envisager de rassembler un peu plus largement la gauche et pour offrir un autre projet que la simple défense du triple A, amis socialistes, vous savez ce qu'il vous reste à faire.

 

Publié le 09/09/2011 sur "Le Plus" du Nouvel Observateur

Publié dans Actualités

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