Jusqu'où iront-ils ?

Publié le par Yohann Duval

"Mais où est donc passée la France ?" se demande Rémy Knafou dans sa tribune publiée aujourd'hui dans Le Monde. L'origine de cette interrogation ? La disparition pure et simple du cadre national des programmes de géographie des classes de 1ère. Envolée, la France. Rayée de la carte, pour ainsi dire. Camouflée sous les deux seuls niveaux dignes de subsister selon nos "experts" : le niveau européen, évidemment, et le niveau régional. Une Europe. Des régions. Le fédéralisme idéaliste et l'européisme aveugle s'installent sans complexe au coeur de la République.

 

 

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Le même jour, Martine Aubry, en chute libre dans les sondages et en quête d'un nouveau souffle, nous propose de rendre obligatoire l'apprentissage du breton (et des autres langues régionales locales). Là aussi, l'objectif est clair : l'heure étant à la sacralisation de ce qui différencie les français, il convient de passer outre ce qui rassemble. La cohésion nationale ? Une idée dépassée, qui s'oppose à la diversité culturelle. "Je défends avec ardeur l'idéal républicain", s'empresse-t-elle de préciser. L'idéal d'une République post-nationale, sans doute.

 

La concomitance de ces deux informations symbolise ce que l'on avait déjà pu entrevoir depuis le début de la crise de l'euro : plus que toute chose, la nation est devenue l'ennemie à abattre. L'échec de la monnaie unique a entraîné une réaction de déni, qui s'est traduite dans les faits par une véritable fuite en avant fédéraliste, accompagnée de la dénonciation des "égoïsmes nationaux" : même Alain Juppé, prétendu "gaulliste", s'est prononcé en faveur d'une fédération européenne sur le plateau de France 2 il y a quelques jours. 

 

La nation demeure pourtant le cadre de la démocratie. Mais la démocratie, l'Union Européenne ne s'en est jamais réellement souciée ; en dehors du traité de Maastricht approuvé d'extrême justesse et du référendum de 2005, les peuples n'ont jamais eu leur mot à dire sur la "construction" européenne. Et quand ils ont dit non, ils ont été trahis par leurs dirigeants : le souvenir du traité de Lisbonne est encore dans tous les esprits. Dernièrement, toutefois, la ligne rouge a été franchie : la mise sous tutelle de nations a été engagée.

 

Cela se traduit concrètement dans la vie quotidienne des citoyens européens par de terribles régressions sociales. La Grèce est dans une situation quasi-insurrectionnelle. Le Portugal se saigne aux quatre veines pour obéir aux injonctions du FMI et de l'Union Européenne. En France même, François Fillon déclare ouvertement que la convergence avec l'Allemagne passe par l'alignement de l'âge de départ à la retraite à 67 ans. Les plans d'austérité inutiles et excessifs sont en train de tuer l'idée même d'une coopération européenne basée sur autre chose que la pure coercition.

 

Cette situation ne pourra pas durer et les contes de fées fédéralistes se heurteront rapidement à la réalité de l'existence des nations. Le rêve risque de prendre fin brutalement. Jusqu'où iront-ils dans l'absurde avant de se réveiller ?

Publié dans Europe

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