La démocratie à la mode socialiste

Publié le par Yohann Duval

Les adhérents du Parti Socialiste étaient appelés à se prononcer sur l’Europe le 6 Juin dernier. Nombre d’entre eux, particulièrement critiques à l’égard de la construction européenne ou des dernières décisions du gouvernement, espéraient pouvoir peser sur les choix futurs de la majorité en vue des élections de 2014. C’était sans compter sur la direction du PS, qui a une fois de plus montré sa vision très particulière du concept de démocratie.

 

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Le PS, hier complice, n’assume rien

 

Pour cette convention, la direction nationale du PS avait proposé un texte « officiel ». Il y est décrit un monde parallèle où l’Europe n’a été « abîmée » que par la droite, où le premiers ministres pro-austérité « de gauche » comme le Portugais José Socrates ou le Grec George Papandréou n’ont jamais existé et où « François Hollande a posé les fondations d’une alternative en Europe ». En signant le traité Sarkozy-Merkel qu’il avait tant conspué pendant la campagne présidentielle, certainement.

 

« La renaissance de l’Europe, c’est la gauche européenne. Les socialistes français veulent l’Europe. Ce qu’ils combattent, c’est l’Europe de droite et son triptyque : dérégulation, désindustrialisation, désintégration. »


Le texte a ceci d’incroyable qu’il laisse entendre que le PS ne serait pour rien dans la situation actuelle du continent alors qu’il a soutenu absolument toutes les étapes de la construction du carcan européen (acte unique, traité de Maastricht, traité d’Amsterdam, traité constitutionnel, traité de Lisbonne, MES, TSCG…). Jamais les socialistes ne se sont opposés frontalement à l’UE ; ils ont même bien souvent été parmi les principaux acteurs des différentes négociations. Pour autant, ils estiment n’avoir aucune responsabilité dans les catastrophes provoquées par cette machine de guerre néo-libérale. On croit rêver !


La direction reste dans sa tour d’ivoire


Devant la médiocrité du texte, plusieurs élus ont tenté de proposer un texte alternatif : cette demande a été rejetée. Ils ont alors proposé des amendements… qui ont dû respecter un règlement pointilleux et parfois abscons (vote obligatoire en faveur du texte pour que le vote en faveur de l’amendement soit comptabilisé, impossibilité de dépasser les 1000 signes, etc). Les amendements finalement soumis au vote, certes très modérés, ne sont pas tous inintéressants : suspension du TSCG, fin de l’indépendance de la Banque Centrale Européenne, refus du traité transatlantique…


Ces quelques modifications auraient reçu l’aval des participants à la convention : Gérard Filoche estime que plus de 60% des votants se sont prononcés en leur faveur. Oui mais voilà ! Au Parti Socialiste, la démocratie et les calculs simples, on n’aime pas trop ça. Harlem Désir et la direction nationale ont donc publié des chiffres bien différents, puisqu’ils comparent les votes « pour » au total de l’ensemble formé par les votes « contre » + les abstentions + les blancs et nuls. D’une nette majorité, on passe ainsi à une vingtaine de pour cents. Un mode de calcul étonnant, bien loin de « la règle dans toutes les associations, les syndicats, les partis, les assemblées élues au suffrage universel »…


Cette méthode de brigands rappelle les meilleurs moments des bourrages d’urnes du duel Royal-Aubry ou encore les arrangements avec la réalité de l’UMP et de sa célèbre COCOE. Elle a d’ailleurs été vivement dénoncée par l’aile gauche du parti : « manipulation », « acharnement »… les mots utilisés ont été très durs à l’égard de la direction et du premier secrétaire, qui ont pour leur part salué le « très large soutien du Parti Socialiste au projet européen défendu par le gouvernement et le Président de la République ». Des positions qui paraissent totalement inconciliables.


Un coup pour rien ?


Mais quelle suite sera donnée à cette parodie de démocratie ? Les élus et militants qui contestent aujourd’hui les résultats doivent se rendre à l’évidence : le PS ne peut pas être réformé. Ils ont devant eux un mastodonte inamovible, qui fera tout pour étouffer l’émergence d’idées nouvelles. Il n’y a donc plus rien à espérer de lui. Oseront-ils démissionner ou se contenteront-ils de gémir en public, avant de rentrer discrètement dans le rang ?


Pour ce qui concerne les élus, l’épisode du dernier traité européen semble plaider pour la deuxième option : la quasi-totalité des parlementaires socialistes qui s’étaient bruyamment opposés au TSCG et à la règle d’or (comme Marie-Noëlle Lienemann, par exemple) avaient ensuite approuvé la loi organique découlant dudit traité. C’est que la soupe est bonne ; n’est pas Chevènement ou Mélenchon qui veut.


Les militants sincères du PS (et il y en a encore !) ne devraient quant à eux pas hésiter à aller voir ailleurs : tous les partis ne sont pas aussi sclérosés et hostiles à la démocratie que celui-ci. S’ils souhaitent vraiment aider leur pays à se relever en soutenant des partis critiques à l’égard de l’UE, qu’ils se rassurent : aux européennes de 2014, ils n’auront que l’embarras du choix.

Publié dans Parti Socialiste

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