La jeunesse, première victime du chômage en Europe

Publié le par Yohann Duval

La trêve des confiseurs n'aura pas suffi à nous faire oublier une nouvelle dramatique pour notre pays : le chômage a atteint un niveau inédit depuis 12 ans. La France compte désormais 2,8 millions de chômeurs de "catégorie A", soit 9,8% de la population active, et même 4,5 millions si on ajoute les demandeurs d'emplois en activité réduite : petits boulots, temps partiels subis et autres CDD arrivés à échéance ("catégories B et C"). Ces chiffres catastrophiques ne laissent rien augurer de bon pour l'année 2012.

 

 

chomageespagne.jpg

 

 

Ce résultat ne doit rien à la fatalité ou à une conjoncture économique sur laquelle nous n'aurions aucune influence, assistant impuissants aux dégâts qu'elle cause comme s'il s'agissait d'une catastrophe naturelle. Non : la situation actuelle trouve son origine dans les choix politiques décidés ces derniers mois et ces dernières années. Partout en Europe où ont été décidés des plans d'austérité, l'activité recule : d'après les statistiques officielles, le chômage augmente ainsi en Italie (il est désormais estimé à 8,6% et on compte 16.000 chômeurs de plus pour le mois de Novembre 2011), au Portugal (13,2% et +13.000), en Grèce (plus de 19%), ou en Espagne (22,9% et +35.000). Le nombre de chômeurs dans la zone euro vient de battre son record historique. Triste manière de débuter l'année.

 

Aux premières lignes, les moins de 25 ans : dans l'Union Européenne, plus d'un jeune sur cinq est touché par ce fléau. Les pays sous tensions en raison de la crise de la monnaie unique sont évidemment les premiers à souffrir, mais c'est dans toute la zone euro que la situation devient insupportable : 49,6% des jeunes Espagnols, 46,6% des jeunes Grecs et même près d'un jeune Français sur quatre ne parviennent pas à s'insérer sur le marché du travail... et il ne s'agit là que des chiffres officiels (via Eurostat), qui sous-estiment parfois l'ampleur réelle du phénomène. Cela amène certains observateurs à parler de "génération perdue" voire "traumatisée".

 

La politique menée actuellement par le duo Merkel-Sarkozy et leur projet de traité européen ne sont pas des réponses à la hauteur de la situation. L'avenir de l'Europe et de sa jeunesse ne peut se résumer à une succession sans fin de plans d'austérité inefficaces ou à l'instauration d'une fumeuse "règle d'or" : il s'agirait d'un remède pire que le mal. Se contenter de dénoncer cette situation ne serait toutefois pas suffisant : il est temps de proposer des solutions pour agir concrètement et mettre un terme à la paupérisation de notre pays et du reste du continent.

 

La réindustrialisation de la France doit être une priorité absolue. Une industrie moderne est la condition de tout le reste : exportations, recherche, emploi (y compris dans les services). Une France sans usines, c'est la fin de la France ! On ne peut envisager d'avenir pour la jeunesse ou pour notre protection sociale si l'on ne règle pas les problèmes liés à la désindustrialisation de notre pays. Le chômage et les délocalisations ont des causes : la monnaie surévaluée, la dictature des marchés financiers, la politique budgétaire restrictive, la concurrence déloyale des pays à très bas coûts. Il faut agir sur ces points fondamentaux, et on ne pourra le faire que si l'on met en place une politique cohérente, qui rompt avec la doxa néolibérale et le traité de Maastricht.

 

Il faut donc oeuvrer pour que notre monnaie (euro ou monnaie commune) devienne moins chère et pour que l'Europe soit reconstruite sur des bases réalistes, afin qu'elle puisse enfin contribuer à soutenir la croissance et l'emploi, tout en respectant les nations qui la composent ainsi que leur souveraineté budgétaire et fiscale. Voilà pourquoi nous, jeunes du Mouvement Républicain et Citoyen, soutenons la candidature et le projet de Jean-Pierre Chevènement pour l'élection présidentielle de 2012.

 

Publié le 12/01/2012 sur le site des jeunes du M.R.C.

Publié dans Actualités

Commenter cet article