Les États-Unis, cet "ami" qui ne nous veut pas que du bien

Publié le par Yohann Duval

Les hasards de l'actualité ont parfois ceci de bon qu'ils peuvent venir éclairer d'une lumière nouvelle certaines décisions. Au moment où les négociations sur le marché transatlantique progressent, il est ainsi fort intéressant d'apprendre que la NSA ne se contentait pas simplement de protéger les États-Unis, mais qu'elle considérait les nations d'Europe comme des « pays-cibles » qu'il convenait de surveiller et de traquer.

 

 

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L'accord transatlantique, un danger ?

 

La commission européenne a reçu le mandat de trouver un accord avec les États-Unis en vue de créer une zone de libre-échange entre nos deux continents. Si les commissaires ont vu dans leur boule de cristal que cet accord pourrait rapporter gros (plus de 100 milliards, promettent-ils), ils oublient de dire d'où viennent leurs prévisions. Dans un entretien avec Coralie Delaume, Jean-Michel Quatrepoint n'hésite d'ailleurs pas à dire que ces chiffres sortent de nulle part...

 

Les menaces qui pèsent sur nos économies sont, en revanche, bien réelles. D'abord parce que l'euro est surévalué par rapport au dollar, d'au moins 15%. Comme Laurent Pinsolle l'indique dans un de ses billets récents, « à quoi bon réduire des droits de douane, qui tournent entre 3 et 4%, si c’est pour être pénalisé de quatre fois plus du fait de la sous-évaluation chronique du billet vert ? ». Les entreprises de notre continent, déjà bien pénalisées dans la mondialisation, risquent de subir de plein fouet une concurrence déloyale supplémentaire.

 

Vient ensuite la question des normes, qui sont généralement bien plus contraignantes en Europe qu'aux États-Unis. L'harmonisation risque de se faire aux conditions américaines, c'est à dire par le bas, ce qui pourrait ouvrir la porte au poulet au chlore ou à plus d'OGM, pour ne citer que ces deux exemples. Non content d'être nuisible à notre économie, l'accord transatlantique pourrait également s'avérer nocif sur le plan sanitaire...

 

Enfin, le dernier problème concerne les personnes chargées de négocier cet accord en notre nom : José Manuel Barroso et sa horde de commissaires non-élus et irresponsables. Libéraux fanatiques, ils n'ont pas hésité à qualifier la France de « réactionnaire » quand elle a défendu l'exception culturelle. Hostiles à ceux qui défendent un « programme anti-mondialisation », ils n'ont toujours pas compris que le protectionnisme peut parfois être un outil utile pour réguler les échanges commerciaux. Si l'on ne peut que se demander pourquoi le président socialiste ne défend nos intérêts que lorsqu'il s'agit de cinéma et non lorsqu'il est question de nos ouvriers et de nos agriculteurs, il faut bien reconnaître que l'attitude de la commission est inacceptable et que les critiques portées à son encontre sont légitimes.

 

Une négociation déséquilibrée

 

L'accord transatlantique vient de loin et n'est que l'aboutissement d'une vision dépassée, datant de l'époque de la guerre froide. Les États-Unis n'ont jamais considéré l'UE comme leur égal, mais comme un vassal turbulent, qu'il convenait de corseter. C'est la raison pour laquelle ils ont toujours encouragé la construction européenne actuelle, véritable « machine d'impuissance incapable de se réformer », pour reprendre les termes utilisés par Jean-Pierre Chevènement dans son excellent livre La faute de M. Monnet.

 

Cerise sur le gâteau, nous apprenons désormais que la NSA espionnait ses partenaires européens, considérés comme des « pays-cibles ». Rien de nouveau pour ceux qui se souviennent du scandale déclenché par le réseau Echelon il y a un peu plus de 10 ans, mais cette piqûre de rappel est la bienvenue : elle devrait finir de convaincre tous ceux qui croyaient encore à la fable d'un accord équilibré, conçu pour être profitable aux deux parties. Les États-Unis n'ont jamais cessé de défendre leurs intérêts, mais face à eux, les européens ont une fois de plus été à la hauteur de leur réputation d' « idiots du village global » en se lançant avec enthousiasme dans une discussion où ils n'ont rien à gagner.

 

Mais à quelque chose, malheur est bon : cette affaire d'espionnage offre une porte de sortie inespérée aux dirigeants européens. Si le président et le gouvernement Français estiment vraiment qu'il s'agit d'un « acte d'hostilité inqualifiable », comme l'a déclaré Christiane Taubira, il doivent demander au plus vite l'arrêt des discussions concernant le marché transatlantique : il n'est pas possible de négocier sereinement un accord de libre-échange aussi poussé avec un État hostile et prêt à tout pour nuire à ses « amis ».

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jard 02/07/2013 07:36

Hollande ne se contente-t-il pas de faire du bruit pour faire croire qu'il défend les Français? Vous ne considérez pas l'UMPS comme des traîtres?
Nous ne devrions avoir aucune modification concernant le nouvel accord de commerce.

Yohann Duval 02/07/2013 17:54



Hollande joue un rôle, bien sûr. Il est d'ailleurs révélateur que seuls les artistes méritent d'être défendus à ses yeux : les ouvriers et les agriculteurs n'ont pas le droit à autant d'égards.


 


L'accord transatlantique est inéquitable et dangereux : il ne faut pas seulement le modifier, mais empêcher qu'il soit définitivement validé.