Marine Le Pen premier ministre de Nicolas Dupont-Aignan ? Maladresses et manipulations

Publié le par Yohann Duval

Une fois n'est pas coutume, la polémique du week-end a concerné Nicolas Dupont-Aignan, candidat à l'élection présidentielle et président de Debout La République. Ce dernier aurait annoncé dans une interview au Figaro Magazine que Marine Le Pen pourrait devenir son premier ministre en cas de victoire en Mai. Horreur ! Malheur ! Un républicain qui ne diabolise pas stupidement la présidente du Front National ? Voilà de quoi justifier une excommunication en bonne et due forme, voire le bûcher, n'en doutons pas. Sans surprise, cette information s'est répandue comme une trainée de poudre dans tous les journaux et sur les réseaux sociaux.

 

 

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Oui mais voilà, l'information du Figaro, en plus d'être incomplète (quel président élu pourrait refuser de nommer comme premier ministre le représentant du parti vainqueur des élections législatives ?) est grossièrement déformée. Une manière, pour la Pravda sarkozyste, de punir le député pour ses déclarations récentes concernant le président ? Le candidat souverainiste souhaitait simplement signifier que son premier ministre pourrait être quelqu'un qui partage sa ligne politique, à la fois protectionniste et patriotique, comme nous le rapporte Laureline Dupont sur le site de Marianne.

 

"J’ai été comme beaucoup surpris à la lecture de l’interview du Figaro Magazine intitulé : « Dans la tête de Nicolas Dupont-Aignan ». À la question : « Un Premier Ministre que vous pourriez choisir ? », Le Figaro fait un raccourci qui dénature l’esprit de ma réponse. Il choisit de ne retenir que le nom de Marine Le Pen, mais a oublié de citer les autres patriotes que j’avais évoqués : Montebourg ou Chevènement, par exemple."

 

"Que voulais-je dire sur le ton de la provocation ? Que tout simplement j’étais le seul candidat à pouvoir rassembler tous les patriotes, d’où qu’ils viennent. Que je sache ? Dans la résistance se côtoyaient tous les courants politiques. Et ce sont bien eux qui ont libéré la France ! Quand la maison brûle, on a besoin de tous les pompiers. L’important, en revanche, est bien évidemment de savoir sur quelle ligne politique se rassemblent des personnalités politiques différentes. Et la mienne est irréprochable."

 

"Quant à Madame Le Pen : soit elle continue à s’enfermer dans un parti qui divise les Français et qui fait, en fin de compte, le jeu du PS et de l’UMP, soit elle a le courage de rompre avec les siens et de me rejoindre pour vraiment défendre une France républicaine. Je connais déjà sa réponse : elle préférera rester avec les siens à proposer le déremboursement de l’IVG et l’interdiction de la viande Halal."

 

Une explication on ne peut plus claire, complétée dès le lendemain par quelques paroles lors de l'émission "C'est arrivé demain" sur Europe 1.

 

"Si un jour on veut vraiment redresser la France, il faudra rassembler tous les patriotes. Mais la question, c'est : sur quelle ligne politique ? Je pense, et c'est le sens de ma candidature, qu'il faut un patriotisme de rassemblement, d'ouverture et de sérénité. Ce qui est tout le contraire du Front National, vous en conviendrez."

 

"Ce que j'ai voulu dire, c'est que je suis candidat à la présidence de la République parce que je crois qu'on n'en peut plus de ce petit jeu, entre d'un côté l'UMP et le PS, et de l'autre le Front National, qui finalement est le meilleur allié du PS et de l'UMP."

 

"J'ai voulu dire à Marine Le Pen : soit vous restez dans ce Front National avec le déremboursement de l'IVG, le fantasme de la viande hallal, etc... et il y a 20% de l'électorat Français qui est dans un corner politique, et ça fait le jeu de ceux qui nous gouvernent, soit vous venez avec moi. Quand je dis vous... je sais qu'elle ne viendra pas, mais je dis à ses électeurs : passez d'un patriotisme fermé, réducteur et qui ne gagnera jamais à un patriotisme ouvert qui peut changer la France."

 

Nous sommes tout de suite bien loin de l'amalgame "DLR = FN" et autres "NDA tombe le masque !" qui ont fleuri ici et là. Je regrette que certains "républicains des deux rives" se soient jetés comme des morts de faim sur cette polémique, créée de toutes pièces par Le Figaro, afin de dénigrer un candidat pourtant très proche (c'est un euphémisme) de leurs idées. Peut-être ont-ils déjà oublié qu'autrefois, c'était Jean-Pierre Chevènement qu'on qualifiait de fasciste ou de lepéniste lorsqu'il se conduisait en patriote responsable ? Peut-être avaient-ils besoin de cela pour justifier leur piteux ralliement à un européiste acharné qui ne pourra que les décevoir ? Il y a décidément beaucoup à faire pour que les vieux réflexes relatifs à un clivage désormais obsolète s'estompent...

Publié dans Présidentielle 2012

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Lumiere de la republique 12/03/2012 12:15

Il faut toujours être vigilant et faire attention à ce qu'on dit.

Yohann Duval 14/03/2012 09:20



Vous avez raison. Cette polémique m'apparaît tout de même vaine et excessive.