"Mur des cons" ou mur de la honte ?

Publié le par Yohann Duval

C'est Atlantico qui a révélé l'affaire : un juge non syndiqué, accompagnant un collègue au siège du syndicat de la magistrature (SM), a eu la surprise d'y découvrir un panneau, subtilement baptisé "mur des cons", sur lequel étaient affichées des photos d'hommes politiques, de journalistes et d'autres personnalités publiques. La vidéo, visible sur l'article en question, a rapidement fait le tour des rédactions.

 

 

murdescons.jpg

 

 

De nombreuses personnalités classées à droite de l'échiquier politique y figurent (Nicolas Sarkozy, Éric Woerth, François Baroin, Éric Besson, Michèle Alliot-Marie...) et sur certaines de ces photos, le logo du Front National a été ajouté pour les marquer du sceau de l'infâmie suprême. Comme si cela ne suffisait pas, quelques annotations viennent parfois égayer le tableau, comme pour Brice Hortefeux ("l'homme de Vichy").

 

Nous sommes certainement très nombreux à n'avoir absolument aucune sympathie pour les représentants de la droite sarkozyste. L'UMP, qui a été au pouvoir pendant 10 ans, a maltraité le pays dans trop de domaines : la plupart de ses idées (comme celles du PS, d'ailleurs) doivent être combattues. Pour autant, difficile de ne pas ressentir de l'inquiétude en constatant que toute personne qui ne partage pas la pureté idéologique du SM puisse être cataloguée d'une manière aussi insultante et méprisante. Parfois, l'inquiétude laisse même place à l'incompréhension.

 

Sur ce mur, nous retrouvons en effet des personnalités comme Nicolas Dupont-Aignan, Éric Zemmour ou même Jean-Pierre Escarfail (père de Pascale, violée et assassinée par Guy Georges), qui ont parfois, c'est vrai, osé critiquer un certain laxisme judiciaire. Mais aux yeux de ces magistrats, parfaits représentants de la gauche angélique, ne pas comprendre qu'un violeur multi-récidiviste ait pu bénéficier de remises en liberté très régulières (au cours desquelles il a pu à plusieurs reprises assassiner d'autres victimes), c'est vraiment être le dernier des cons ou des populistes...

 

Dans un communiqué de presse, le syndicat s'étonne donc de l'ampleur du scandale provoqué par ces "images volées dans un lieu privé". Il ne s'agit pour lui que d'une "satire" et d'un "exutoire politique, inoffensif". Tout en refusant de se poser en victime, le SM s'en prend dans ce texte au site Atlantico au motif qu'il est "classé à droite", ce qui en fait nécessairement un site peu fréquentable. Une vision d'un spectaculaire sectarisme... et un exemple parfait du ridicule de cette gauche morale persuadée de faire partie du "camp du bien".


Gardons-nous de toute généralisation au sujet de la justice de notre pays : le SM ne représente qu'un tiers des magistrats. Et parmi ceux-ci, nul doute que nombre d'entre eux désapprouvent totalement cette initiative. Par ailleurs, les magistrats ont, comme chacun d'entre nous, des opinions politiques. Ils ont naturellement le droit de les exprimer, y compris au sein d'un syndicat. C'est tout à fait légitime.

 

Mais il est tout aussi légitime de s'interroger sur leur impartialité : nous avons le droit de nous demander si leur politisation extrême ne les expose pas à de graves erreurs de jugement.

Publié dans Actualités

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Pram 06/05/2013 18:49

Ce débat - sur les préférences politiques des juges - aurait existé bien évidemment, même sans syndicat de la magistrature. La preuve : La cour suprême du Canada est accusée par des historiens
sérieux de ne pas avoir respecté la séparation des pouvoirs lors du "rapatriement" constitutionnel de 1982 (auparavant une simple loi britannique). Lequel s'est fait au dépens de l'autonomie
traditionnelle du Québec dans le cadre fédéral canadien. Et ceci s'explique très bien puisque les juges de cette cour suprême sont carrément nommés par le premier ministre canadien. Sans passer par
le Sénat comme aux USA. C'est dire combien l'esprit partisan peut être présent dans le système juridique anglo-saxon (Canada, USA, Royaume-Uni, etc. Mais ce phénomène ne ne va pas jusqu'à être
ouvertement admis sous une forme aussi institutionnelle comme peut l'être un syndicalisme de la magistrature à la française, et qui plus est se permet d'être ouvertement politiquement
"coloré"..!

Personnellement je ne crois pas que l'on puisse éviter la "partisannerie" politique dans la nomination des juges. Seule peut-être l'alternance politique du pouvoir peut permettre d'équilibrer les
sous-bassements idéologiques des juges que l'on nomme.

Et quant au mode de nomination des juges d'instruction à la française, il n'est pas tellement différent, à mon avis, de ce qui en est des autres haut fonctionnaires. Ce qui évidemment ne suffit pas
pour les rendre indépendants des politiques, loin s'en faut. Et je ne parle même pas de la prétendue confidentialité de leurs "audiences" qui fait partie, là aussi malheureusement, des meilleures
caricatures sur la France.

Pram 03/05/2013 13:17

Pour ma part ce qui ne cesse pas de m'étonner c'est bien plutôt que les magistrats en France aient le droit de se syndiquer. Pour moi qui suis de tradition "Common Law , c'est un non sens. Comment
peut-on s'attendre à une certaine impartialité (au moins apparente) des juges lorsqu'ils militent et s'affichent ouvertement sur des sujets politiques ou idéologiques?

Que diriez-vous s'il y avait un syndicat de "juges" qui soit ouvertement d'extrême-droite? Qu'il y ait des juges de cette sensibilité ou d'autres cela va sans dire, mais qu'ils puissent militer
ouvertement c'est bien là un bien étrange spectacle pour une démocratie. C'est un peu comme ces juges des démocraties populaires qui devaient être membres du Parti communiste. Ne parlons pas des
juges islamistes d'Iran...

En Amérique du Nord voir des juges (qui sont souvent d'anciens avocats il est vrai qui furent nommés ou élus sur une base partisane) continuer de s'afficher ouvertement Républicains (aux USA) ou
"Tory" (au Canada) serait la démonstration la plus évidente de la partialité de la Justice.

En Common Law les juges ne sont pas de simples fonctionnaires. Ils détiennent le 3e pouvoir et leur statut fortmel d'impartialité les forcent à une obligation de réserve bien plus contraignante que
pour les fonctionnaires lambdas.

Incidemment je dois dire que je saisis mal que l'on puisse en France qualifier de "juges" ces " juges d'instruction " ( un bel oxymore sémantique quand on y pense) alors que leur rôle "de facto"
est s'apparente bien plus à celui d'enquêteur pour la police ou pour le procureur public qu'à autre chose. L'affaire d'Outreaux en fût d'ailleurs l'illustration la plus caricaturale. Incidemment si
la France veut devenir un démocratie présentable dans le domaine de la Justice elle devrait abolir ces juges d'instruction qui voient dans les avocats de la défense leur pires ennemis.

Yohann Duval 03/05/2013 18:07



La loi leur permet de se syndiquer. Faut-il la changer ? Je n'ai pas d'avis arrêté là-dessus. Je pense que le problème se situe plutôt dans le laxisme incroyable de la justice, qui choque les
citoyens. Peut-être faut-il revoir la façon dont sont appliquées les peines et dont la justice est "individualisée" ? Qu'un viol puisse aboutir à une condamnation avec sursis dans certains cas
dépasse l'entendement, par exemple...


 


Aurions-nous ce débat si nous étions certains que les opinions politiques des magistrats n'avaient aucune incidence sur leurs décisions ? Après, on peut aussi considérer que ce sont ces syndicats
qui poussent au laxisme, effectivement...