Place au débat !

Publié le par Yohann Duval

Invité de BFM TV Mercredi matin, Nicolas Dupont-Aignan, candidat soutenu par Debout La République à l'élection présidentielle, a annoncé son intention de saisir le Conseil Constitutionnel pour lui signaler ce qui lui semble être une anomalie : aucun débat contradictoire entre les candidats n'est en effet prévu avant le 22 Avril.

 

"Les deux principaux candidats ne peuvent pas affronter la contradiction d'un Jean-Luc Mélenchon, de moi-même, de Mme Le Pen, de François Bayrou" a-t-il déclaré, confiant, face à Jean-Jacques Bourdin.

 

 

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Un impératif démocratique

 

Comment organiser un tel débat ? Nicolas Dupont-Aignan propose une confrontation avec l'ensemble des candidats, c'est à dire 10 intervenants. Consciente des difficultés de logistique et de temps que cela pourrait générer, son équipe de campagne envisage également une solution alternative, avec deux émissions concernant 5 candidats, qui seraient alors tirés au sort.

 

Un débat à 10, deux débats à 5 : l'essentiel est de permettre la confrontation claire et sans artifices des différents points de vue et des différentes solutions envisagées pour l'avenir de notre pays. La proposition du maire de Yerres a déjà reçu l'appui de plusieurs candidats : Jean-Luc Mélenchon est plus que jamais prêt à affronter François Hollande ou Nicolas Sarkozy, tout comme François Bayrou :

 

"Oui, je trouve que ça serait indispensable. [...] Je trouve qu'il est complètement anormal qu'il n'y ait aucune confrontation des idées dans cette élection. Je trouve que les grandes chaînes publiques en particulier devraient prendre la responsabilité d'organiser ce débat."

 

L'exemple des primaires socialistes

 

Il y a quelques mois, les primaires socialistes ont été l'occasion de tester l'organisation de ce genre d'événement. Les débats à 6 avaient alors rencontré de grands succès d'audience. Des résultats qui devraient encourager les chaînes de télévision nationales à étudier cette idée car ils prouvent que les Français sont friands de ce genre d'échanges.

 

Mais plus que le nombre de téléspectateurs, c'est l'aspect politique qui devrait susciter l'intérêt des électeurs potentiels : il est difficile de nier que l'exposition médiatique accordée aux candidats a permis à certains d'entre eux de se faire un nom ou de briller. Qui peut en effet affirmer de manière certaine qu'Arnaud Montebourg aurait réalisé une telle performance sans avoir pu bénéficier de cette tribune ?

 

Les "gros" candidats aux abonnés absents ?

 

Reste à savoir quelle sera la réponse des deux "favoris" désignés, Nicolas Sarkozy et François Hollande. Le président sortant risquerait gros s'il venait à être mis devant ses contradictions. De même, le candidat socialiste devrait enfin fendre l'armure et s'exposer, lui qui persiste à vouloir gérer son avance en esquivant tous les dangers. Oseraient-ils prendre le risque de passer pour des lâches en fuyant le débat, s'il venait à être organisé avec le soutien de tous les autres prétendants ?

 

Cette confrontation doit avoir lieu. Plus que jamais, les Français ont le droit de choisir leur avenir en toute connaissance de cause. Ne leur confisquons pas ce premier tour !

 

Publié le 30/03/2012 sur "Le Plus" du Nouvel Observateur

Publié dans Présidentielle 2012

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