Pour un référendum sur le nouveau traité européen

Publié le par Yohann Duval

Ce texte est une mise à jour de l'article du 6 Mars.

 


 

Traumatisés par le résultat du 29 Mai 2005, les euro-libéraux se montrent très réticents à l'idée de demander aux peuples d'Europe leur avis sur le futur de l'Union. Le mécanisme européen de stabilité (MES) a été approuvé dans le silence le plus total, alors qu'il s'agissait d'un "premier pas vers une Europe fédérale avec son propre Trésor public et un budget conséquent", selon Daniel Cohn-Bendit et ses amis. Le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’Union économique et monétaire ("TSCG" ou "pacte budgétaire", pour simplifier) risque de prendre le même chemin. Les européistes veulent faire "avancer" l'Europe, coûte que coûte, même si cela signifie aller contre la volonté des peuples.

 

 

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Un tournant majeur

 

J'ai expliqué dans un précédent article pourquoi je suis résolument opposé à l'adoption du TSCG. Ce traité disciplinaire modifierait profondément le visage de l'Union Européenne. Des décisions particulièrement intrusives pourraient être prises, sans aucune considération pour la souveraineté nationale des États en difficulté. Des nations entières pourraient être reléguées au statut de simple protectorat, de manière quasi-automatique.

 

L'exemple Grec nous a montré la monstruosité et l'imbécillité de telles décisions, qui font le lit de tous les extrémismes. Il apparaît inconcevable de ne pas débattre de cette façon de faire. Les Irlandais ont déjà prévu l'organisation d'un référendum. Les autres peuples européens, et parmi eux les Français, doivent pouvoir donner leur avis sur ce sujet !

 

Une tragique absence de débat

 

Malheureusement, bien peu de voix s'élèvent pour supporter une telle proposition. S'il n'est guère étonnant de constater que l'UMP et les centristes, dans leur aveuglement libéral, se refusent toujours à associer les peuples aux décisions qui les concernent, comment le Parti Socialiste et François Hollande peuvent-ils s'opposer à une telle idée, au prétexte que le traité ne représente "pas une vraie rupture, comme pouvait l'être le traité de Maastricht" ? Comme le faisait remarquer Jacques Sapir dans "Ce soir ou jamais" le 15 Mai, un "non" Français donnerait pourtant un poids considérable au nouveau président dans les négociations à venir avec la chancelière Allemande.

 

Mais pour les anciens "ouistes", il est toujours aussi difficile de s'opposer aux projets européens, même quand ceux-ci ont l'allure d'un traité abominable et profondément anti-démocratique. Ils n'ont toujours pas compris que le résultat du référendum de 2005 n'était pas qu'un simple accident et restent persuadés que les Français toléreront éternellement leur asservissement aux décisions émanant de Bruxelles. Un pari lourd de dangers.

 

L'avenir de l'Europe ne peut être envisagé sans les européens

 

Le déficit démocratique dont souffre l'Union Européenne n'en finit pas de croître à mesure que les tentatives désespérées pour sauver l'euro, construction bancale et baroque, s'accumulent. Le TSCG s'inscrit dans une logique consistant à substituer aux "vieilles" nations une "nation européenne" fantasmée et chimérique. Tout est bon pour y parvenir, même la remise en question des bases de la démocratie. La fin peut-elle toujours justifier les moyens ? Les peuples d'Europe souhaitent-ils vraiment s'unir dans ces conditions ?

 

Il n'y a en réalité qu'une manière d'obtenir des réponses à ces questions : donner directement aux peuples la possibilité de s'exprimer. Et bien évidemment, cette fois, il faudra respecter leurs décisions. Il n'est plus tolérable de voir l'UE s'affranchir de la volonté des citoyens qui la composent. L'Irlande, en affirmant sa volonté de recourir au référendum, a brisé le consensus anti-démocratique qui s'était peu à peu installé au sein des élites du continent. Ne manquons pas cette chance historique de débattre et de mettre fin une fois pour toutes à l'éternel débat opposant fédéralistes et souverainistes ! Un référendum sur le TSCG serait une excellente opportunité de parler enfin des sujets cruciaux. Les Français ont le droit de pouvoir décider de leur avenir !

 


 

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Publié dans Législatives 2012

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