Prix Nobel de la paix pour l'Union Européenne : une blague de mauvais goût

Publié le par Yohann Duval

Au lendemain de l'adoption par les parlementaires du PS et de l'UMP du traité européen de récession qui privera la France de sa souveraineté budgétaire, nous apprenons que le prix Nobel vient d'être attribué à l'Union Européenne, pour avoir "contribué au cours de ces six dernières décennies à la paix et la réconciliation, la démocratie et les droits de l'Homme en Europe".

 

 

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Indécence, inconséquence, incompétence ou humour potache ?


Si les européistes les plus fanatiques applaudissent des deux mains cette décision invraisemblable, nous ne pouvons qu'être consternés devant un tel amas de contre-vérités.


"Paix et réconciliation", quand les tensions entre États ne cessent de s'accroître, comme en témoignent les unes des journaux Allemands ou la récente visite de Madame Merkel à Athènes ?


"Démocratie", quand on refuse de consulter les peuples par référendum ou lorsque l'on passe outre leurs décisions comme lors du déplorable épisode du traité de Lisbonne ?


"Droits de l'Homme", quand la misère sociale fait son retour sur le continent, quand les inégalités explosent, quand des peuples sont mis sous tutelle et privés de leur droit à disposer d'eux-mêmes, en raison de politiques suicidaires menées pour sauver des dogmes tels que l'euro ou le libre-échange anarchique ?


Un tel cynisme pourrait porter à sourire si la situation n'était pas si grave en Grèce et si la Troïka (dont l'Union Européenne est l'une des composantes, via la Commission, rappelons-le !) n'était pas actuellement en train de saigner à blanc des peuples entiers.

 

 

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Un déni de réalité


Du haut de ses 112 ans, l'institution semble être devenue gâteuse. Après avoir récompensé Barack Obama quelques mois à peine après son élection, elle récompense aujourd'hui une Union en pleine décrépitude, qui ne se préoccupe en aucune manière des intérêts des peuples qui la composent.


Elle oublie que la paix tant vantée ne vient pas l'Union Européenne (qui n'a que 20 ans), mais qu'elle a été permise par le contexte de guerre froide et par la dissuasion nucléaire, ainsi que par la réconciliation franco-allemande, autrement dit le rapprochement d'une nation avec une autre. Ce n'est pas l'UE qui a permis la paix : c'est la paix qui a permis l'UE.


Les docteurs Mabuse peuvent jubiler. De notre côté, nous n'oublions pas les victimes espagnoles, grecques, portugaises et bientôt françaises de l'acharnement thérapeutique des euro-fanatiques.

 

Publié le 12/10/2012 sur "Le Plus" du Nouvel Observateur

Publié dans Europe

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Jeanne 13/10/2012 13:40

attention, pas de majuscules aux adjectifs de nationalité. Les majuscules c'est seulement pour les noms !

Je dis ça pour que la lecture de cet excellent article ne soit dérangée par aucun petit détail ! ;)

Yohann Duval 13/10/2012 21:30



Bien reçu, c'est corrigé !