Refuser la tutelle extérieure, refuser l'austérité

Publié le par Yohann Duval

Le débat sur la ratification du TSCG vient de débuter au Parlement. Jean-Marc Ayrault et son gouvernement ont opté pour une stratégie de mystification afin de faire oublier leurs renoncements et leurs affabulations. Alors que certains estiment que ce nouveau traité risque de transformer l'Assemblée Nationale en simple musée, les poids lourds du Parti Socialiste usent et abusent de tous leurs stratagèmes pour faire avaler cette potion amère à l'opinion et à leurs propres députés. L'UMP, quant à elle, jubile à l'idée de voir le traité Merkel-Sarkozy, dont pas une ligne n'a été modifiée malgré les promesses de renégociation, adopté à une large majorité. Les médias ne sont pas en reste : Le Monde estime ainsi qu'il est "trop tard pour dire non". On évoque même, sans rire, le graal de la gauche eurobéate : "l'Europe sociale", qu'on nous promettait déjà en 1992, en 1997 et en 2005... le procédé est grossier, et comme le note Laurent de Boissieu, on ne peut que se demander si l'on ne nous prend pas pour des idiots.

 

 

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Retour sur la manifestation du 30 Septembre

 

Nous étions plusieurs dizaines de milliers Dimanche dernier dans les rues de Paris, pour exiger un référendum sur ce traité européen et dénoncer les mesures d'austérité qui ont plongé une grande partie du continent dans la misère. Si le gros des troupes était évidemment constitué de militants du front de gauche (et en particulier du parti communiste), nombreux étaient les participants qui n'avaient aucune illusion sur la nature profonde de cette Union Européenne. La présence de militants du POI et du M'PEP n'est pas passée inaperçue : les slogans que l'on pouvait entendre à l'intérieur du cortège étaient parfois d'une force et d'une clarté cristalline.

 

"Paris, Berlin, Madrid, Lisbonne, Athènes... dehors, dehors l'Union Européenne !"

 

"C'est pas l'euro ni les banquiers, c'est notre peau qu'il faut sauver !"

 

Une manifestation plutôt réussie compte tenu du contexte, qui montre que les Français ne sont pas tous béats d'admiration devant la très sainte Europe tant vantée par les caciques des "grands partis de gouvernement" et leurs admirateurs. C'est d'ailleurs partout sur le continent que l'idée d'une sortie de l'euro continue de progresser dans les esprits : la publication d'un article préconisant cette solution sur le site d'Attac Espagne en témoigne.

 

Le budget 2013, arme de récession massive

 

Quelques jours plus tôt, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault avait présenté son projet de loi de finances pour l'année 2013. Comme nous pouvions le craindre, nous sommes confrontés à un budget d'austérité, qui risque de plonger notre pays dans une récession sans précédent.

 

Pour tenter de sauver une monnaie mal conçue, que notre économie traîne comme un boulet, le gouvernement socialiste s'est décidé à prescrire aux Français les remèdes qui ont provoqué la colère des peuples et l'effondrement économique de tous les pays qui les ont adoptés, d'Athènes à Madrid.

 

La mise en avant de certaines mesures bienvenues (abaissement du plafond des niches fiscales, tranche à 45%) ne doit pas être l'arbre qui cache la forêt des mauvaises nouvelles :

  • la hausse généralisée des impôts, pour les entreprises comme pour les particuliers, avec notamment le gel du barème de l'impôt sur le revenu, comme sous Nicolas Sarkozy

  • la fragilisation de nos services publics, avec des baisses de moyens et d'effectifs décidées de manière aveugle et dogmatique, comme au temps de la RGPP de sinistre mémoire

  • le maintien de certaines niches fiscales à l'efficacité douteuse et au coût considérable, telles que celle concernant les investissements outre-mer et la "niche Copé", toilettée mais pas supprimée

Cette cure d'austérité de 30 milliards d'euros devrait se traduire, comme en Grèce, comme en Espagne, comme au Portugal, par une baisse de l'activité, une régression sociale, une montée du chômage et un accroissement des tensions entre les Français. Tout cela pour un budget conçu en partant d'une hypothèse de croissance fantaisiste, qui sera revue à la baisse d'ici quelques mois et qui se traduira par une nouvelle saignée !

 

En refusant de s'attaquer aux véritables causes du problème (euro cher, libre-échange déloyal, délocalisations, désindustrialisation), le gouvernement de Jean-Marc Ayrault mène la France droit vers la récession. Le budget 2013 n'est pas un "budget de combat", c'est un budget de soumission et de capitulation devant la technocratie bruxelloise et sa politique suicidaire.

 

Une question de cohérence...

 

Il ne faut en effet pas oublier que ce budget a été établi en tenant compte des contraintes imposées par le TSCG et par les différents règlements européens. Est-il possible et cohérent de s'opposer à un traité d'austérité qui met le peuple Français sous tutelle tout en acceptant de voter un budget qui dépend directement de celui-ci ? Quand la majorité présidentielle s'engage à pleine vitesse dans une voie sans issue, doit-on coûte que coûte l'accompagner et la soutenir jusqu'au mur ?

 

La réponse semble évidente.

Publié dans Europe

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Spino 07/10/2012 15:46

Très bonne vidéo sur le sujet à recommander qui illustre bien la folie de la rigueur et l'attitude lamentable des socialistes sur le TSCG : http://www.youtube.com/watch?v=esiU4xFs9Ys
Dupont Aignan et Mélenchon y sont tous deux présents, et ça rejoint un peu votre point sur la manif du 30, il est bon que les opposants soient capables de se parler ou de manifester ensemble malgré
leurs divergences. Et puis je pense que le Front de gauche finira par évoluer sur l'euro, comme c'est le cas pour les gens en général, en France ou ailleurs.Peut être que c'est le MPEP finalement
qui peut faire la jonction entre DLR et Front de gauche...

Yohann Duval 08/10/2012 16:54



Ah le blog de Nico, toujours excellent ! Cette vidéo est remarquable à bien des égards.


 


Je pense également que le M'PEP aura un rôle à jouer à l'avenir. Comme chacun de nous, d'ailleurs.