Sommet raté et "argent sale"

Publié le par Yohann Duval

Nicolas Dupont-Aignan était aujourd'hui au cœur d'une polémique concernant ses propos tenus lors du 12-13 de France 3 ce Dimanche. Il avait en effet déclaré à cette occasion que "l'aide" de la Chine à la zone euro serait de l' "argent sale". Stupeur ! Invité des grandes gueules de RMC ce matin, le député de l'Essonne a maintenu ses propos face aux partisans de la ligne sarkozyste, qui s'obstinent à nier la crise de la monnaie unique, à ne blâmer que l'endettement des États et à se féliciter des investissements chinois. Jacques Maillot et Gilles-William Goldnadel, à court d'arguments, ont finalement préféré crier au populisme et à la xénophobie, deux affirmations qui ne reposent évidemment sur rien : en quoi le fait de se plaindre des conditions sociales et environnementales sur lesquelles la Chine s'appuie pour imposer sa puissance industrielle serait une marque de xénophobie ?

 

Au-delà des termes d' "argent sale", qui peuvent paraître forts voire excessifs, quel est le message du président de Debout La République ? Il nous explique simplement qu'en acceptant l'aide des chinois, les européens se mettent dans une situation périlleuse. Cette décision pourrait avoir des conséquences dramatiques sur le long terme, car cette "aide" ne sera pas vraiment désintéressée. Comment en effet espérer parvenir à imposer un protectionnisme européen, la réciprocité ou encore le "juste-échange" à ce pays dès lors que notre dépendance à son égard s'accroît ? Comment, dans ces conditions, imaginer pouvoir rééquilibrer la politique de change (le yuan est actuellement largement sous-évalué, ce qui profite considérablement à la Chine, particulièrement face à un euro fort) et lutter contre la désindustrialisation du continent européen ?

 

 

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Force est de constater que sur ce point, Nicolas Dupont-Aignan a eu raison de s'indigner de l'inconséquence de nos dirigeants, qui n'hésitent pas à sacrifier notre avenir pour se donner un peu de répit, sans que cela ne règle le moindre problème. Il est, en effet, désormais clair que l'accord du 27 Octobre n'a absolument pas apporté de solution aux déséquilibres structurels de la zone euro : l'Allemagne va continuer son cavalier seul, la lutte contre l'inflation demeurera le seul objectif de la Banque Centrale Européenne, la mutation de la monnaie unique en monnaie commune n'est pas à l'ordre du jour et la trahison fédéraliste n'est pour l'heure qu'une menace fantôme.

 

Nicolas Sarkozy peut certes parader devant les français, se présenter comme le sauveur du monde et rejeter la faute sur ses prédécesseurs, mais personne n'oubliera que son idéologie est à l'origine de la crise de la monnaie unique et qu'il est l'un de ceux qui l'ont fait empirer depuis plusieurs mois.

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