Universités de rentrée de Debout La République : Nicolas Dupont-Aignan lance un appel au rassemblement

Publié le par Yohann Duval

Suite au débat sur la viabilité de l'euro, dont je vous ai proposé le compte-rendu hier, voici ce que j'ai retenu du discours de clôture de Nicolas Dupont-Aignan lors des universités de rentrée de Debout La République (D.L.R.). Pour le président du mouvement gaulliste, il n'y a qu'un seul objectif : le rassemblement de tous les patriotes.

 

 

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Dépasser les clivages

 

Alors que la crise de la monnaie unique n'en finit plus et que la France semble plus que jamais dans l'impasse, le président de D.L.R. a dressé l'état des lieux de l'Union Européenne. Celui-ci n'est guère rassurant : chômage en hausse, croissance en berne, montée des extrêmes...  à qui la faute ? Aux politiques d'austérité inefficaces, absurdes et dangereuses qui sont menées depuis quelques années pour sauver une utopie. L'U.E. est "en train de plonger dans les rejets, les haines, les oppositions entre nations, parce que des fous furieux veulent défendre l'euro". Pris dans ce piège, François Hollande risque de devenir "le Papandréou Français". Pourquoi, dès lors, nos dirigeants refusent-ils de remettre en cause le dogme ?

 

Jean-Pierre Chevènement nous disait récemment que les "élites ne croient plus en la France". Nicolas Dupont-Aignan établit un diagnostic similaire : "il est clair qu'il y a une tentation Française des élites à collaborer, à abandonner son peuple".


"Nous avons besoin de la nation, nous avons besoin de l'État, nous avons besoin de la République. Or, ils abandonnent la nation, ils affaiblissent l'État, ils détricotent la République."

 

Pour rendre à la France des marges de manœuvre, il convient de réaliser l'union de tous ceux qui aiment encore leur pays. Sans sectarisme. Nicolas Dupont-Aignan veut dépasser les clivages traditionnels, en demandant aux patriotes de l'UMP (tels qu'Henri Guaino) ou de la gauche républicaine de le rejoindre, en interpellant le ministre du redressement productif ("Arnaud Montebourg, mais reviens à la raison ! Quitte ce gouvernement le plus vite possible !"), en reprenant un slogan de Ségolène Royal ("elle avait raison : la République c'est l'ordre juste, c'est le rassemblement des Français") ou en qualifiant Marie-Noëlle Lienemann de "courageuse".


"Quand la maison brûle, on ne regarde pas l'étiquette du pompier."

 

Audace, inconscience ou "suicide républicain" ?

 

Il n'est pas non plus question de laisser de côté les électeurs de Marine Le Pen : à Londres, "parce que le salut de la France en dépendait, le général de Gaulle n'a pas hésité à accueillir des communistes ou des membres de l'Action Française", dit-il. De même, en 2005, il n'y a pas eu de tri entre les votes "non" lors du référendum. Le bipartisme empêchant tout véritable changement, il devient nécessaire de trouver des solutions alternatives, sous peine de voir éternellement "la gauche de gouvernement et la droite de gouvernement épuiser le pays et démolir les acquis du conseil national de la Résistance".

 

"Il faudra oser tendre la main à toutes celles et à tous ceux qui partagent notre amour de la France, notre volonté de la libérer et de rendre aux Français leur fierté et leur dignité. Il faudra réussir l'union de tous les patriotes, car c'est le seul moyen de mettre fin rapidement au bipartisme destructeur pour notre pays."

 

Une prise de position qui tempère quelque peu les propos maladroits tenus lors d'un entretien à radio courtoisie... propos qui avaient alimenté un début de polémique, particulièrement auprès des républicains de gauche, adhérents ou simples sympathisants du mouvement. Mais s'il était légitime de s'interroger sur la pertinence ou sur l'efficacité d'une telle déclaration, il était peut-être un peu tôt pour crier au loup : quel parti se voulant "alternatif" pourrait ignorer 20% d'un électorat qui n'a actuellement pas voix au chapitre et qui pourrait s'avérer potentiellement sensible à nos idées ? Comment pourrions-nous espérer quoi que ce soit de l'insulte ou du mépris ? La diabolisation n'a jamais été une solution.

 

Par ailleurs, qui peut sérieusement croire qu'un homme capable de rompre avec l'UMP et de faire émerger un parti en partant de rien se risquerait à rejoindre les rangs du Front National et de ses outrances régulières, qui lui ôtent toute possibilité de parvenir au pouvoir ? Nicolas Dupont-Aignan, qui dénonce "l'obsession identitaire" du parti n'a de son côté rien à se reprocher. Et en considérant la portée très relative de la polémique, il est peut-être un peu tôt pour parler de "suicide républicain"... d'autant que le fond du discours, lui, n'a pas changé.

 

"Notre devoir est de rassembler tous les patriotes. Je dis bien tous les patriotes. Mais sur une ligne républicaine, sur une ligne irréprochablement républicaine de rassemblement des Français. Voilà notre projet."

 

Un projet patriotique et républicain

 

"Le patriotisme, c'est l'indépendance de la France, c'est à dire l'intérêt du pays avant toute chose. La République, c'est le rassemblement des Français, quelle que soit leur origine, quelle que soit leur religion, quelle que soit leur classe sociale, quelle que soit leur appartenance géographique."

 

Suivant les exemples de l'Islande, qui a "triomphé" alors qu'elle "n'avait comme armée que son courage et sa lucidité", et de l'Argentine, où les difficultés ne sont pas venues de la rupture du lien avec le dollar mais du temps passé à attendre cette rupture, il veut "reprendre le contrôle de la monnaie", "effacer une partie de la dette" et instaurer une taxe carbone aux frontières de l'Europe, exemple de protectionnisme intelligent.

 

Sur le plan intérieur, il demande une justice moins laxiste, une lutte sans merci contre l'insécurité et les trafics et la maîtrise des flux migratoires, "car c'est l'intérêt de ceux qui vivent dans notre pays, c'est l'intérêt de ceux qui sont venus dans les années soixante construire la France et qui sont Français à part entière".

 

"Honte aux défenseurs des clandestins, qui manipulent l'opinion en faisant croire que ceux qui veulent maîtriser l'immigration seraient des racistes. Ce sont eux au contraire les vrais racistes puisqu'ils favorisent les esclavagistes, les marchands de sommeil, les ghettos. Ils nourrissent les haines et les rejets. Ce sont eux qui divisent la France. Ce sont eux qui dressent les uns contre les autres. Je n'ai aucun complexe à dire que si on veut réconcilier tous les Français, quelle que soit la couleur de leur peau, on doit maîtriser les flux migratoires."

 

Le rassemblement des patriotes et des républicains des deux rives, sur ce "programme de salut public", semble un objectif extrêmement ambitieux. D'autres s'y sont déjà cassés les dents, par manque de persévérance. Qu'importe, il refuse de baisser les bras :

 

"Je suis le seul à pouvoir le faire. Car justement, comme gaulliste social, comme républicain de toujours, auprès de Philippe Séguin, je n’ai aucune leçon à recevoir des petits marquis de la pensée unique. (...) Je suis suffisamment bien dans ma peau pour tendre la main aux uns et aux autres. Et les Français savent bien qui je suis."

 

Laissons-lui sa chance !

 

Vous pouvez retrouver l'intégralité de ce discours ci-dessous.



8 septembre 2012 : Discours de Nicolas Dupont-Aignan par dlrtv

Publié dans D.L.R.

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